Depuis les années 1990, certaines peintures à l’huile modernes, en particulier celles de la Seconde École de Paris, présentent des altérations telles que des empâtements mous, des surfaces poisseuses ou des exsudations de liant. Elles compromettent à la fois la stabilité matérielle et la lisibilité visuelle des œuvres. Les mécanismes physico-chimiques responsables de ce ramollissement restent mal compris, notamment le rôle des conditions de séchage, de la composition des couches picturales et de l’usage de siccatifs métalliques dans la polymérisation de l’huile. Le stage porte sur l’étude du ramollissement des peintures à l’huile modernes et vise à mieux comprendre les processus de séchage, d’oxydation et de polymérisation susceptibles de conduire à ces instabilités, à travers deux approches complémentaires. La première consiste à élaborer un corpus d’échantillons modèles en variant les paramètres de formulation (proportion et type de siccatif, épaisseur, conditions de séchage). Ces systèmes permettront de suivre les premiers stades d’oxydation et de polymérisation des films de peinture, en surface et à cœur, à l’aide de spectroscopies infrarouges (OPT-IR ou IR-TF). La seconde approche concerne l’étude d’échantillons historiques issus du triptyque Sans titre (1969) de Joan Mitchell, conservé au monastère royal de Brou. Les analyses viseront à caractériser la technique picturale et la matérialité de l’œuvre, par des mesures élémentaires (XRF, MEBEDS), éventuellement complétées par XAS ou XRD, ainsi que par spectroscopie infrarouge pour les matériaux organiques. Le·la stagiaire participera à la préparation d’échantillons modèles et historiques (enrésinage, micro-coupes, surfaçage), à la mise en œuvre des protocoles analytiques et à l’interprétation des résultats.
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