A l’époque classique (250-950 apr. J.-C.), le jade était sans doute le matériau le plus valorisé pour les Mayas. Associés à la fertilité, à la royauté et au maïs, il a servi de médiateur entre les hommes, les dieux et les ancêtres à travers différents rituels funéraires, offrandes et insignes royaux. Sa rareté et la finesse des réalisations permises par ses propriétés physiques en ont fait un marqueur clair de pouvoir et de distinction sociale. Les seules sources connues de jadéitite en Amérique Centrale se trouvent le long de la faille du Motagua, dans les Hautes Terres du Guatemala, ou plusieurs ateliers ont été retrouvés On connaît en revanche encore mal la manière avec laquelle ce matériau était ensuite produit et échangé vers les Basses Terres, bien que des aires de travail aient été trouvé dans certains sites tels que Tikal, El Peru-Waka, Cancuen, Kaminaljuyu ou Tak’alik Ab’aj. Ces ateliers étaient répartis entre zones fluviales et centres urbains, et témoignent d’un réseau complexe de production et d’échanges reliant les lieux d’extraction présents dans la vallée du fleuve Motagua aux zones de consommation des principaux centres urbains mayas. Les artefacts ont pu être produits ou préformés près des sources, et ensuite exportés pour être retravaillés dans des contextes élitaires ou cérémoniels. Dans le cadre du projet ANR MayaCosta, les analyses par diffraction des Rayons X (DRX), Microscopie Électronique à Balayage (SEM), microsonde électronique et par ablation laser à spectrométrie de masse à plasma induit (ICP-MS) de nombreux échantillons géologiques et archéologiques provenant de la faille de Motagua ont déjà permis de déterminer des critères pétrographiques et isotopiques de discrimination des zones NMM et SMM. Les modèles statistiques PLS-DA, basés sur les analyses in situ des éléments traces, ont permis de discriminer les sources de jadéitite, et ouvrent la voie à la traçabilité géographique des artefacts archéologiques en jade. L’objectif principal de ce stage est donc d’analyser et de tracer des échantillons de jadeitite provenant d’objets archéologiques et déchets de production prélevés sur des artefacts provenant des sites de Kaminaljuyu, La Lagunita, San Agustín Acasaguastlan, El Peru-Waka, Cancuen et La Blanca. Les échantillons seront ainsi analysés au sein du laboratoire Géosciences Montpellier de l’Université de Montpellier par diffraction des Rayons X, Microscopie Électronique à Balayage, microsonde électronique et par ablation laser à spectrométrie de masse à plasma induit ou ICP-MS. Ces analyses seront traitées en utilisant les modèles statistiques prédictifs produits au cours du projet ANR MayaCosta. Ces analyses doivent permettre de mieux comprendre les échanges de jadeitite au sein même de la zone Maya.
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