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L'invention de la peinture à l'huile est intimement liée à l'utilisation de composés siccatifs, nécessaires pour accélérer l'oxydation des doubles liaisons de l'huile et sa polymérisation. Historiquement, ces siccatifs étaient des oxydes de plomb, formant des savons métalliques par réaction avec l'huile. La préparation des « huiles au plomb » améliore les propriétés rhéologiques et de séchage de l'huile. Au cours des dix dernières années, des études approfondies ont été menées sur les systèmes à base d'oxyde de plomb II (litharge PbO-α et massicot PbO-β). L’imagerie structurale micro-échelle via rayonnement synchrotron (SR-μ-XRD) a notamment permis d’identifier et localiser les différents composés au plomb non-originaux présents dans ces systèmes chimiques, issus des réactions entre PbO, les acides gras de l’huile et l’environnement. Des hypothèses expliquant la présence de composés de plomb néoformés dans des peintures historiques telles que La Joconde ou la Ronde de Nuit ont ainsi été proposées, en considérant les conditions chimiques spécifiques à l’échelle des particules individuelles de pigment. Cependant, un autre composé fréquemment utilisé dans les formulations picturales reste peu étudié du point de vue de sa réactivité avec l’huile : le minium, oxyde de plomb mixte (II, IV) Pb3O4, obtenu historiquement par chauffe de carbonates de plomb. Ce stage aborde donc la question de la chimie du minium dans les couches de peinture, afin d'acquérir de nouvelles connaissances sur sa composition dans les palettes historiques, sa réactivité et ses transformations potentielles en composés organométalliques et inorganiques néoformés, susceptibles d’avoir une influence majeure sur la stabilité à long terme des peintures.

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