Le stage vise à caractériser des préparations à base d’huile de chia, extraite de graines de chia et utilisée par les artistes mexicains, en les comparant à des peintures à base d’huile de lin. Il s’agit à la fois d’étudier leurs propriétés rhéologiques mais aussi de suivre les mécanismes de séchage du film pictural. L'huile de chia est mentionnée comme alternative à l'huile de lin en peinture mésoaméricaine mais aussi pour d’autres objets provenant de l’artisanat, soulevant la question de l’usage des matériaux artistiques traditionnels mexicains. Souvent mélangée à des extraits gras provenant d'un insecte parasite, l'aje, l'huile de chia est un matériau traditionnel utilisé comme fond, où elle était recouverte de minéraux, puis d'une couche brillante finale pour la fabrication de laques. À l'heure actuelle, il n'existe aucune méthode scientifique permettant d'identifier l'huile de chia ou d'autres huiles siccatives non occidentales, et celles-ci ne peuvent être identifiées à l'aide des approches traditionnelles. Afin de mieux comprendre les pratiques artistiques impliquant l’huile de chia, il est donc nécessaire de reconstituer des formulations à base d’huile de chia, de pigments, et d’aje, pour préciser à la fois les recettes ayant pu être utilisées et les propriétés de ces systèmes. Suite à un projet mené par la plateforme ARCHE (Metropolitan Museum of Art et Université de Bordeaux) en vue de l’identification de ces huiles1, nous nous intéressons à la caractérisation des peintures à base d’huile de Chia, présentée comme une huile aux qualités exceptionnelles, afin d’en préciser l’usage.
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