Le jade-jadéitite a eu une grande importance rituelle, politique et économique au sein de toutes les civilisations mésoaméricaines durant plus de 3000 ans. Le jade-jadéitite était échangé dans toute l’aire culturelle maya qui s’étend du Mexique au Costa Rica actuels. Les principales sources de jade-jadéitite sont localisées le long de la vallée de Motagua, fleuve de presque 500 km de long dans le Nord-est du Guatemala et qui correspond à la limite de plaques entre les plaques Caraïbes et Amérique du Nord. Les recherches archéologiques menées dans la vallée de Motagua, à la fois au Nord et au Sud du fleuve, ont permis de mettre à jour de nombreux ateliers de travail du jade, 138 au total, où étaient façonnées des parures d’oreilles, des perles et des haches. L’actuel Costa Rica correspond à la zone culturelle Chibcha, lieu de rencontre entre les cultures méso- (Mayas) et sud-américaines, et est localisé à 1000 km au sud de la vallée de Motagua mais a livré de nombreuses pièces de jade dont l’origine précise reste à établir. En effet entre le Costa Rica et le Guatemala actuels, aucun jade n’a été retrouvé dans les sites archéologiques, ce qui pose de nombreuses questions : quelles étaient les voies de communication utilisées ? De quels ateliers, de quels gisements dans la vallée de Motagua provenaient ces jades-jadéitites que l’on retrouve aujourd’hui au Costa Rica ? Les jadéitites sont des roches métamorphiques de haute pression composée principalement de jadéite (clinopyroxène sodique) et que l’on retrouve dans des séries de mélange, emballées dans une « matrice » serpentineuse dans des paléo-subductions. Leur étude a permis de commencer à établir une base de données minéralogiques et géochimiques que ce travail va compléter. Ce travail nécessitera une caractérisation fine par diffraction des RX, l’étude au MEB, à la microsonde électronique et par ablation laser à l‘ICP-MS des jadéites. Par ailleurs, il a été établi à l’aide de la géochronologie que de part et d’autre de la limite de plaque les jadéitites ont des histoires d’exhumation différentes. Cependant la datation d’artefacts archéologiques demeure exceptionnelle. La datation géochronologique des phases liées à l’exhumation des jadéitites devrait permettre de déterminer de quel côté de la vallée provenait le jade-jadéitite exporté vers la zone culturelle Chibcha. L’approche minéralogique, géochimique et géochronologique devrait alors permettre de localiser les gisements sources et ateliers dont sont originaires les jades-jadéitites du Costa Rica.
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