Thèse de Claire-Elise Fischer, mardi 17 décembre 2019, Talence

Sujet Apports de l’archéogénétique à l’étude des groupes du Second âge du Fer en France : approche mutli-scalaire
Date mardi 17 décembre 2019 à 14h00
Lieu Université de Bordeaux, Campus Sciences et Technologie, Avenue des Facultés, 33405 Talence, Bâtiment A29, amphithéâtre D

Résumé
En Europe tempérée, et plus particulièrement en France, l’âge du Fer se découpe en deux périodes : le Premier (800-400 BC) et le Second âge du Fer (400-25 BC). Le Second âge du Fer est souvent associé aux cultures celtiques, dont l’unité a été montrée à travers l’étude de l’art celtique. Cependant, cette apparente unité est à présent rediscutée au travers des travaux récents en archéologie. Si la diversité culturelle est bien connue du point de vue de l’archéologie, elle est encore peu abordée du point de vue biologique. Ce travail propose donc l’analyse paléogénétique et paléogénomique inédite d’individus issus de trois nécropoles du Nord de la France, distribuées le long de la vallée de la Seine, axe d’échanges majeur entre Manche et Bourgogne. Un total de 106 haplogroupes et 87 haplotypes mitochondriaux a pu être caractérisé, ainsi que 15 lignées paternelles. En outre, 12 génomes à faible couverture ont été obtenus. À l’échelle locale, les données obtenues ont été systématiquement confrontées aux données biologiques et archéologiques disponibles, permettant de mettre en évidence trois fonctionnements distincts. La nécropole d’Urville- Nacqueville (Normandie) semble accueillir une population cosmopolite, alors que celle de Gurgy ‘Les Noisats’ (Yonne) est vraisemblablement utilisée par une communauté locale. Les cas de Barbuise ‘Les Grèves de Frécul’ (Yonne) et d’Urville-Nacqueville révèlent par ailleurs la complexité de l’organisation sociale de ces groupes de l’âge du Fer au travers de la structuration de l’espace funéraire. Bien que ces nécropoles accueillent des communautés diverses, elles partagent une importante diversité mitochondriale, une absence de regroupement basé sur des liens maternels et une faible diversité des lignées paternelles. Ces résultats forment un faisceau d’indices supportant un système matrimonial de type patrilocal et une filiation de type patrilinéaire, cohérents avec les données de la littérature. À l’échelle régionale, les résultats montrent que les sites situés en basse vallée de la Seine partagent plus d’affinités avec les groupes du sud de l’Angleterre alors que ceux de la haute vallée de la Seine sont plus proches des populations de l’est de la France et occupent une position intermédiaire entre le nord et le sud de la France, mettant ainsi en évidence une structuration génétique de ces groupes en fonction de leur localisation le long de cet axe fluvial. Enfin, à l’échelle continentale, les résultats montrent que les communautés de l’âge du Fer d’Europe de l’ouest forment un cluster génétique cohérent et présentent une continuité génétique avec les groupes de l’âge du Bronze. Les données acquises s’accordent avec les hypothèses archéologiques privilégiant une transition économique, politique et/ou climatique pour expliquer la transition entre l’âge du Bronze et l’âge du Fer, en accord avec l’évolution locale des groupes perçue au niveau génétique.

Mots-clefs
ADN ancien, ADN mitochondrial, paléogénomique, populations humaines, âge du Fer, migrations, géographie culturelle et structuration génétique, diversité, pratiques funéraires, patrilocalité, patrilinéairité

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