Thèse de Hitomi Fujii, mercredi 21 mars 2018, Avignon

Sujet Étude chromatographique de matériaux organiques contenus dans des amphores romaines
Date mercredi 21 mars 2018 à 9h30
Lieu Université d'Avignon, Site Agroparc, amphithéatre du bâtiment Agrosciences, 301 rue Baruch de Spinoza

Résumé
Ce travail porte sur la caractérisation des matériaux présents à l’intérieur d’amphores romaines. Il avait pour but de déterminer à la fois la nature de la matière étanchéisante des parois internes, mais aussi d’identifier leur contenu.
Pour mener à bien cette étude, divers outils analytiques ont été employés tel l’infrarouge à Transformée de Fourier (IR-TF) ou bien encore la chromatographie gazeuse couplée à un spectromètre de masse (CPG-SM). Divers protocoles d’extraction ont été testés et optimisés en fonction des différentes classes chimiques de composés recherchés, comme par exemple pour la caractérisation de la présence de vin (ex : les acides tartrique et syringique) ou bien d’huile d’olive (acides oléique, palmitique, stéarique, …).
Ce travail préliminaire a été réalisé sur un ensemble d’amphores romaines dites de référence, c’est-à-dire dont le contenu était avéré.
Dans un second temps, les résultats obtenus ont été appliqués à des cas d’étude d’amphores du type Dressel 1 datant de la fin du IIème siècle ou du début du Ier siècle av. J.-C, estampillées du timbre Sestius. Elles provenaient de Cosa en Étrurie, l'actuelle Toscane.
Les premiers échantillons étudiés correspondent à des amphores Dressel 1A de l’épave du Grand Congloué 2. L’étude en IR-TF a indiqué différentes bandes de matière organique, comme la liaison chimique de O-H à partir de l'acide carboxylique, C-H du groupe méthylène et C-O de l'ester méthylique. L'étude réalisée par CPG-SM a révélé des diterpènes, tels que l'acide déhydroabiétique et le rétène qui sont des marqueurs diterpéniques de la famille des Pinacées. Des dérivés esters méthyliques ont été également caractérisés. Cela indique une poix obtenue par pyrogénation de bois résineux (Pinus sp.). L’extraction du contenu a été optimisée et la technique par CPG-SM a été appliquée avec succès. On a observé la présence d’acide tartrique et d’acide syringique (principaux marqueurs du vin) dans la poix située en surface intérieure, mais aussi dans la matière des tessons.
D’autres échantillons proviennent d’amphores Dressel 1C, retrouvées dans le complexe archéologique des fossés du « Verbe-Incarné » de Lyon. Pour vérifier leur contenu en vin, la technique de CPG-SM a été utilisée. Les résultats obtenus semblent confirmer la présence de vin. Enfin le dernier lot concerne des tessons amphores provenant de l’Oppidum de Châteaumeillant. Parmi les échantillons étudiés, l’un d’entre eux a particulièrement attiré notre attention de par la présence de vin et de résine sandaraque (Tetraclinis articulata).