Thèse de Maïlys Richard, vendredi 4 décembre 2015, Paris

Sujet Chronologie des occupations humaines au Pléistocène supérieur dans le Jura Souabe, Allemagne et dans les vallées de la Saône et du Rhône, France, par les méthodes de la résonance de spin électronique et des séries de l’uranium, ESR/U-Th
Date vendredi 4 décembre à 14h30
Lieu Amphithéâtre de l’Institut de Paléontologie Humaine (1 rue René Panhard, 75013 Paris).

Résumé
La présence des néandertaliens a été rapportée dans plusieurs sites localisés dans le Jura Souabe (Allemagne) et dans les vallées de la Saône et du Rhône (France). Ces régions ont également livré les vestiges parmi les plus anciens attribués aux Homo sapiens. L’établissement du cadre chronologique de sept sites majeurs situés dans ces trois zones géographiques représente donc un grand intérêt dans l’étude des comportements humains et des voies de migration durant cette période-clef de l’évolution humaine.
La méthode de la résonance de spin électronique et de l’uranium-thorium combinée (ESR/U-Th) permet de dater des dents fossiles entre 30 ka et 1-2 Ma. Il est alors possible de comparer les âges ESR/U-Th avec les données radiocarbone disponibles pour les niveaux du Paléolithique supérieur ancien. Pour cette période, l’application de l’ESR/U-Th en contexte karstique est souvent contrainte par : 1) la mesure d’une faible dose équivalente, liée principalement à la teneur en uranium peu élevée dans les tissus dentaires et au temps d’enfouissement des dents fossiles dans les sédiments et 2) l’hétérogénéité du remplissage.
Les résultats des datations ESR/U-Th obtenus dans le cadre de cette étude sont en accord avec les âges 14C disponibles pour les niveaux aurignaciens souabes, confirmant la présence ancienne des Homo sapiens dans cette zone, dès 40 ka. Les niveaux du Paléolithique moyen ont été datés entre environ 100 ka et 40 ka ; les âges ESR/U-Th les plus récents suggèrent que les néandertaliens des sites du Jura Souabe et des vallées de la Saône et du Rhône auraient peuplé ces régions à la même période, ou à tout le moins, à des dates proches de celles obtenues pour d’autres sites européens ayant livré des industries de transition ou des niveaux aurignaciens anciens.
La méthode ESR/U-Th présente donc un grand potentiel dans la construction du cadre chronologique des occupations humaines entre les MIS 5 et 3, permettant de prendre le relais du radiocarbone à partir de 45-50 ka pour la datation du Paléolithique moyen.

Mots-clefs
Chronologie, ESR/U-Th, Néandertaliens, Paléolithique moyen, transition, Aurignacien, Europe de l’ouest