Sujet Les techniques de fabrication des monnaies grecques et romaines en alliages cuivreux (5e siècle av. J.-C. 4e siècle ap. J.-C.) : de la microstructure à l’archéologie expérimentale
Date jeudi 07 mars 2024 à 14h
Lieu Amphithéâtre de la Maison des Suds, Domaine Universitaire, Esplanade des Antilles, Pessac

Résumé
Les informations portant sur la fabrication de la monnaie pendant l'Antiquité sont rares, que ce soit par le biais de sources archéologiques ou écrites. Un moyen de comprendre les procédés et les savoir-faire employés à l’époque est d’étudier l’objet qui résulte de cette chaîne opératoire : la monnaie. En effet, elle a été produite en quantité très importante et nous est largement disponible aujourd’hui, ce qui permet de l’étudier. Ainsi, une partie de l’histoire métallurgique des monnaies peut être retranscrite à travers l’analyse de leur composition élémentaire, afin de déterminer les alliages cuivreux mis en œuvre par les artisans. On peut aussi, à l’aide des observations métallographiques, identifier l’état métallurgique des monnaies. Leurs microstructures recèlent une multitude d’informations, en les identifiants il est possible de rendre compte des traitements thermiques ou mécaniques utilisés durant leur fabrication. Les tests de dureté mis en place au cours de ce travail permettent de comprendre les propriétés du matériau et de mesurer l’impact de la frappe monétaire. Même si l’histoire métallurgique et opérationnelle des coins monétaires sont prépondérantes dans la compréhension de leur rupture, ces données serviront plus largement à appréhender l’impact de la dureté de l’alliage sur leur durée de vie. L’archéologie expérimentale a été utilisée pour s’approcher des conditions opératoires de l’Antiquité et de comprendre les savoir-faire opérés par les artisans. Faisant suite aux analyses en laboratoires, celle-ci a été mise en place dans le but de reproduire des traitements s’inscrivant dans les procédés de l’époque et ainsi comparer les microstructures obtenues à celles des objets archéologiques.
Bien que l'échantillonnage soit limité, l’étude des 135 monnaies grecques et romaines en alliage cuivreux permet de donner un aperçu des techniques utilisées dans tout le bassin méditerranéen pendant l'Antiquité. Cette recherche, intégrée dans le domaine de l'histoire des techniques, apporte ainsi des éléments de réponses sur les histoires métallurgiques des monnaies, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des techniques et savoir-faire utilisés à cette époque.

Mots-clefs
Alliages cuivreux, monnaies grecques et romaines, métallographie, métallurgie, dureté Vickers, savoir-faire, chaîne-opératoire

[Télécharger l'annonce - PDF643.10 Ko]