Thèse de Manon Gosselin, jeudi 02 décembre 2021, Nanterre

Sujet Qualités des alliages ferreux : une approche diachronique et statistique
Date jeudi 02 décembre 2021 à 14h
Lieu Université Paris Nanterre, Bât. B Pierre Grappin, Salle B015 René Rémond

Résumé
Les études historiques, archéologiques et archéométriques menées jusqu’alors montrent la diversité des alliages ferreux anciens, chacune dans un contexte spatio-temporel précis. Ce projet vise à s’inscrire dans un temps long afin de décrire et définir les natures et les qualités du fer et de ses alliages et en évaluer la diversité de l’Antiquité au début de l’Epoque moderne en Europe Occidentale. Pour ce faire, plus d’une centaine de demi-produits, matériaux intermédiaires entre la masse brute de réduction et l'objet fini, ont été étudiés. Issus d’un ensemble de sites en Méditerranée Nord-Occidentale et en Haute-Normandie, ils permettent de couvrir l'ensemble de la période considérée et de refléter l’évolution des procédés techniques sidérurgiques.
La méthodologie employée, reproductible et répétable, met en relation la nature du métal – déterminée par des analyses métallographiques – et ses propriétés mécaniques évaluées par des analyses de microdureté et par des essais de traction uniaxiale. La conception d’un algorithme semi-automatique basé sur du traitement d’images permet de diminuer par trois le temps dédié à l’interprétation des analyses métallographiques. Ces études fournissent des données quantifiables et comparables pour appréhender la notion de qualité du point de vue du matériau.
Quelle que soit la période considérée, les matériaux produits et en circulation présentent une grande diversité. Néanmoins, quelques spécificités ont pu être pointées par site ou par période. Afin de saisir l’origine d’une telle variabilité, les résultats des analyses site par site, couplés aux résultats de la bibliographie, ont été comparés de manière diachronique et rapprochés aux questionnements historiques. Cette approche inédite, comparatiste et statistique, a permis de saisir l’impact des conditions opératoires et techniques sur la nature du métal et d’éclairer la façon dont les sociétés antiques et médiévales percevaient la nature du métal qu’elles produisaient et travaillaient pour l’adapter à un usage spécifique.

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