Polychromie des terres cuites grecques antiques

Titre complet Polychromie dans l’Antiquité : peinture et dorure des terres cuites grecques (Ve s. av. J.-C. Ier ap. J.-C.).

Développement
Par le biais des analyses physico-chimiques de surface, l’étude des figurines polychromées en terre cuite grecque nous livre des informations capitales sur la nature des éléments utilisés par les artisans dans l’Antiquité mais aussi, sur l’organisation et la conception de leur travail (caractérisation des matériaux et techniques picturales, conservation et histoire de la restauration). L’analyse des argiles et de la

polychromie des figurines béotiennes hellénistiques avait conduit à l’identification de différents ateliers de coroplathes (fabricants de figurines) et de leurs pratiques artisanales : utilisation notamment d’un type particulier de préparation blanche soit à base de calcite, soit de kaolinite, tandis que les productions de la Grèce orientale (actuelle Turquie) révèlent l’utilisation de pigments au plomb, comme des carbonates ou des vanadates plus complexes. De même les techniques de travail de « dorure », ie emploi d’une feuille métallique pour la polychromie ont été appréhendées : feuille d’or pur dont l’épaisseur ne dépasse pas 1 micromètre ou rares restes de feuilles d’étain, sur des supports argileux ou organiques.
Le présent travail vise à déterminer la nature exacte des matériaux employés sur le monde grec entre le Ve siècle avant notre ère et le Ier siècle (Turquie, Chypre, Egypte, Macédoine, Grèce) pour les couches préparatoires à la polychromie et les traitements de dorure (nature des feuilles, épaisseur, support), avec leurs propriétés physiques et mécaniques (couleur, texture, adhésion, etc). L’analyse des matériaux métalliques et minéraux cherche à retracer les échanges économiques des matières premières sur le Bassin Méditerranéen ; la caractérisation des matières colorantes permettra une étude diachronique et transversale de ce type de production.
Ce travail implique d’une part l’utilisation d’instruments portables d’analyse non invasive: imagerie multispectrale associée à des instruments portables (Raman, XRF, DRX, UV-visible, etc.), et l’élaboration d’une base de données d’autre part. Des compétences en physico-chimie sont nécessaires, à la fois pour les analyses élémentaires (PIXE, RBS, MEB-EDS et XRF) et pour les analyses structurales (XRD et Raman) indispensables à ce programme. La connaissance des structures minérales et des traitements de simulation sont des avantages pour cette recherche. Les analyses seront réalisées directement sur les œuvres et sur microprélèvements ; la minutie est donc également requise. La connaissance des problématiques liées aux biens culturels et des capacités de dialogue et de travail à l’interface entre les sciences de l’Homme et les sciences physiques seront appréciées.
Ce post-doc est financé par la Fondation Patrima, pour une durée de 1 an. Le laboratoire d’accueil sera le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). La recherche se réalisera essentiellement au C2RMF, avec les conservateurs du Département des Antiquités Grecques Etrusques et Romaines pour le travail sur les collections du musée du Louvre, en étroit contact avec le laboratoire de Chimie-Paris (UMR commune PCMTH) et le LADIR (UMR7075). La maîtrise de l’anglais est un atout. Les candidats enverront par courriel leur CV et indiqueront leur expérience en matière de recherche, leur motivation ainsi que les noms et adresses de deux referees avant le 31 juillet 2013 au Dr Sandrine Pagès-Camagna.