Logo LAPA NIMBE

La protection des métaux cuivreux du patrimoine nécessite de prendre en compte la présence d’une couche de produits de corrosion (CPC) faisant partie intégrante de l’objet. Les traitements de protection contre la corrosion doivent donc être appliqués à la couche et protéger le système métal/CPC. L’objectif de ce projet est de développer un traitement de protection innovant basé sur le procédé sol-gel dopé en inhibiteur, non toxique et adapté à ces objets. Ce projet interdisciplinaire a un double objectif : comprendre les mécanismes de l’inhibition sur des CPC et transposer les formulations et protocoles développés en laboratoire au terrain d’application en atelier ou en extérieur. Il repose sur un partenariat interdisciplinaire de 5 entités, comprenant des laboratoires de la physicochimie et des ateliers de restauration et poursuivra une méthodologie basée sur trois axes de travail, mettant en œuvre des échantillons synthétiques, des coupons corrodés historiques ainsi que des objets corrodés du patrimoine. L’axe 1 vise à établir en laboratoire une méthode d’évaluation du mécanisme de protection des traitements ciblés en se basant sur l’utilisation innovante de cellules électrochimiques couplées à d’une part la spectroscopie Raman pour caractériser l’évolution de la CPC traitée et d’autre part à l’AESEC (Atomic Emission SpectroElectroChemistry) pour analyser les espèces relarguées en solution. L’axe 2 vise à établir à partir des protocoles de synthèse et d’application compatibles avec les contraintes de terrain en atelier et sur site en extérieur. Enfin dans le dernier axe un protocole de suivi de l’évolution de la protection grâce à des mesures physicochimiques et électrochimiques sera développé et mis en œuvre sur site sur une œuvre traitée. L’un des objectifs de ce projet est donc de développer une approche innovante pour étudier les mécanismes de l’inhibition d’un traitement de protection. Dans ce projet, le traitement s’appuiera sur une série de formulations sol-gel dopées en acide carboxylique, non toxique et actuellement en cours de développement au NIMBE. Cependant, la méthode développée a un caractère universel et vise donc à être utilisable pour toute étude du mécanisme d’inhibition d’un traitement appliqué aux métaux du patrimoine. Le second objectif est d’adapter la formulation et l’application de tels traitements sol-gel innovants, afin de permettre aux métiers de la conservation de préparer de manière optimale cette solution en atelier ou sur site et de l’appliquer facilement sur des objets pouvant être volumineux et à la morphologie complexe. Une attention particulière sera portée aux normes de toxicité et aux EPI nécessaires.

Plus d’informations :
[Site web CNRS]