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Les peintures sont composées de particules de pigments dispersées dans un fluide organique, appelé liant. Dans le cas de la peinture à l’huile, les liants, constitués d’huile, durcissent par auto-oxydation pour former un réseau polymère assurant la cohésion et la stabilité du film pictural. Cependant, ce réseau est susceptible de se dégrader sous l’influence de nombreux facteurs, et les mécanismes moléculaires responsables de cette altération restent encore mal compris. Notamment, les peintures du XIXᵉ siècle présentent fréquemment des dégradations importantes, parfois attribuées à l’utilisation de pigments laqués (colorants organiques fixés sur des charges minérales), qui pourraient favoriser l’hydrolyse, l’acidification du milieu et la formation de films mous ou mal séchés. Néanmoins, ces hypothèses reposent principalement sur des observations empiriques et des études de cas ; l’influence réelle des pigments laqués sur la dégradation des liants huileux n’a pas encore été démontrée de manière systématique, ce qui constitue une problématique majeure pour la compréhension et la conservation de ces œuvres. L’objectif de ce travail est ainsi de développer de nouvelles méthodologies d’analyse s’appuyant sur les innovations récentes en techniques séparatives, spectrométrie de masse et traitement de données pour relier les propriétés physico-chimiques de peintures à l’huile à leur description moléculaire. Dans ce cadre, il s’agira d’étudier les réactions de vieillissement, de séchage et de dégradation dans des couches picturales à base d’huile et de pigments laqués. Ce projet analysera l’influence de la nature des additifs (notamment la présence de siccatifs au plomb) et les variations dans les modes de préparation des pigments laqués sur ces processus.

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