Ce post-doctorat s'inscrit dans le cadre du projet AORUM financé par l'ANR sur l'étude de l'or en tant que matériau pictural dans les pratiques artistiques en Europe occidentale, aux XVIe et XVIIe siècles. Le projet rassemble des chimistes, des physiciens, des spécialistes des sciences humaines et sociales (historiens de l'art/ conservateurs), des restaurateurs et des spécialistes d'humanités numériques. Les objectifs du projet AORUM sont de rassembler un corpus inédit de peintures, de les étudier selon les questionnements fondamentaux de l'histoire de l'art (iconographie, histoire sociale, histoire du goût, …) ; d'étudier aussi, dans une démarche interdisciplinaire (histoire matérielle de l'art/Technical art history - physico-chimie des matériaux du patrimoine), l'histoire des techniques de mise en œuvre de l'or ; d'analyser les propriétés optiques des dorures et les dispositifs historiques de perception des effets lumineux dans les œuvres ; enfin de gérer l'ensemble des données en lien avec l'Equipex ESPADON et de valoriser les données en direction des communautés impliquées dans le projet, mais aussi du grand public. Dans ce contexte, le post-doctorat aura pour mission d'approfondir largement les connaissances sur les techniques de dorure employées par les peintres d'Europe occidentale aux XVIe et XVIIe siècles. Avec l'équipe de physico-chimistes du C2RMF/IRCP du projet AORUM, le.la post-doctorant.e rassemblera des données physico-chimiques sur la matérialité et les techniques de mise en œuvres des dorures de quelques dizaines de peintures de musées français, in situ et sur échantillons. La personne recrutée aura à recueillir des arguments objectifs, sur la base d'analyses de certaines œuvres du corpus, de micro-prélèvements nouveaux et anciens, et d'éprouvettes modèles, afin de préciser les pratiques de dorures et leurs matériaux associés. La personne recrutée aura pour tâches principales : la caractérisation de l'organisation spatiale et de la composition chimique des dorures et des couches associées (feuilles ou particules métalliques, adhésif-support de la dorure, éléments sur-jacents) à partir d'échantillons historiques par analyse élémentaire avec étude de la microstructure (MEB-FEG-EDX) et par analyse moléculaire et structurale (imagerie IRTF, diffraction des rayons X) ; l'accompagnement d'analyses in-situ de dorure sur des peintures par fluorescence X ; la mesure d'épaisseur de feuilles métalliques par microscopie électronique après polissage ionique et l'accompagnement d'analyses PIXE et RBS par faisceau d'ions (accélérateur). Ces résultats permettront de mieux comprendre la nature des matériaux et techniques de dorure.
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