
Ces dernières années, les méthodes géophysiques appliquées à l’archéologie ont permis de cartographier un certain nombre de villes des Gaules romaines, apportant une masse considérable de données sur des surfaces importantes, bien au-delà des emprises de fouille qui, dans le même temps, ont tendance à se rétrécir au fur et à mesure qu’elles deviennent plus fines. Si ces données géophysiques ont largement contribué à mieux cibler l’emplacement des fouilles et offrir une image générale de ces villes antiques, le renouvellement et/ou la redéfinition des problématiques urbaines à partir de données géophysiques sont restés relativement peu abordés. Dans ce contexte, la ville romaine de Lugdunum des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges, Haute-Garonne), aujourd’hui retournée aux champs, constitue un terrain d’étude exceptionnel. D’une part, les méthodes géophysiques offrent la possibilité de cartographier l’ensemble de l’espace urbain et de ses faubourgs, permettant ainsi de travailler sur une ville presque intégralement documentée ; d’autre part, le site a fait l’objet de nombreuses opérations géophysiques mobilisant des techniques variées (géoradar, électrique, magnétique), offrant un cadre privilégié pour réfléchir à la complémentarité et à l’opérabilité de ces différentes méthodes. Le site réunit ainsi les conditions idéales pour développer une réflexion approfondie sur l’analyse géophysique de la morphologie urbaine et de ses transformations, depuis la fondation de la ville romaine jusqu’à sa disparition progressive au haut Moyen Âge. De l’échelle du monument à celle du quartier, cette thèse vise à identifier et à évaluer les caractéristiques morphologiques de l’espace urbain accessibles par l’analyse géophysique, tout en précisant les types d’approches historiques et spatiales que ces données permettent d’engager. Une attention particulière sera également portée à la confrontation des résultats géophysiques avec les données issues des fouilles archéologiques et des plans anciens.
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