L’objectif de ce projet est d’explorer le potentiel chimiotaxonomique des potentiels informatifs de triglycérides (TAGs) en contexte archéologique afin d’accéder à une identification précise des matières grasses préparées et consommées dans les céramiques et de contribuer à une meilleure connaissance des stratégies alimentaires des populations du passé. Pour atteindre cet objectif, le projet vise à lever plusieurs verrous scientifiques et méthodologiques majeurs : i) développer un référentiel de substances grasses actuelles afin d’établir des critères de discrimination basés sur leur composition en TAGs ; (ii), développer et valider une méthode d’analyse LC-MS/MS innovante et robuste dédiée aux TAGs et mettre en œuvre des méthodes statistiques multivariées et des méthodes d’apprentissage automatique adaptées (machine learning) pour le traitement de jeux de données de grande dimension ; (iii) évaluer l’évolution du signal en TAGs sous l’effet de la préparation des aliments dans les céramiques et lors de l’enfouissement des poteries après leur abandon. Ce projet est fortement interdisciplinaire. Il mobilise les domaines de la biochimie et la lipidomique, de l’archéologie, de l’ethno-archéologie, de l’expérimentation, et du traitement statistique des données. Particulièrement innovant, il ambitionne d’ouvrir de nouvelles voies méthodologiques (moléculaires et isotopiques) pour l’identification de denrées à forte valeur symbolique, économique ou nutritionnelle, telles que les produits laitiers, certaines ressources végétales et les substances d’origine aquatique. La faisabilité de ce projet est assurée par l’existence de corpus déjà identifiés et disponibles au CEPAM : collection de substances naturelles et de poteries ethnographiques du Sénégal, céramiques archéologiques africaines et européennes ayant livré des quantités importantes de TAGs.
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