Le peuplement de Sahul - plateau continental émergé lors des périodes de bas niveau marin qui réunit l'Australie, la Tasmanie et la Nouvelle-Guinée - représente la première migration d'Homo sapiens vers un espace insulaire. Si le contexte chronologique de la traversée depuis l'Asie du Sud-Est commence à être précisé, les conditions techniques, environnementales, climatiques, démographiques et sociales restent conjoncturelles. L'enjeu d'une compréhension robuste des premiers peuplements de l'Australie est donc crucial. La seule étude disponible est une modélisation construite sur la méthode des automates cellulaires. Bien que structurellement simples et computationnellement efficaces, le principal défaut des automates cellulaires réside dans leur réduction des dynamiques socio-environnementales à des règles locales homogènes limitant leur capacité à représenter l'hétérogénéité comportementale, l'intentionnalité et les processus décisionnels multi-scalaires des sociétés humaines. En outre, ces modèles deviennent coûteux lorsque l'on augmente la résolution spatiale, la durée de simulation ou la complexité des règles. La thèse construira une base de données des variables archéologiques et contextuelles en les caractérisant (quantitatives/qualitatives, continues/discrètes…) et en les intégrant dans les problématiques archéologiques régionales pour élaborer différents scénarios de peuplement. Ces scénarios seront testés à partir des modèles dynamiques continus puis complété par une seconde échelle de modélisation reposant sur la modélisation à base d'agents qui permet de représenter explicitement des entités (ou agents) individuelles autonomes (individus, groupes humains ou embarcations) dotées de propriétés, de règles de comportement, de capacités techniques et de règles d'interaction localisées dans le temps et l'espace.
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