La compréhension des dynamiques de peuplement dans la Corne de l’Afrique entre la fin du Pléistocène et la première moitié de l’Holocène demeure limitée par la rareté du registre fossile et la complexité des adaptations bioculturelles face aux bouleversements climatiques du Dernier Maximum Glaciaire (23–18 ka) et de la période humide africaine (~14–5,5 ka). Certaines régions du Nord-Est africain, comme la vallée du Nil et les hauts plateaux éthiopiens, ont probablement servi de refuges, tandis que l’absence de données ailleurs pourrait traduire un abandon partiel de territoires durant le Dernier Maximum Glaciaire, plutôt qu’un simple hiatus sédimentaire. Le projet doctoral propose une analyse comparative, par morphométrie géométrique, de crânes et mandibules issus de sites de la fin du Pléistocène et du début de l’Holocène, incluant des reconstructions virtuelles par photogrammétrie ou microtomodensitométrie. L’objectif est de caractériser la diversité phénotypique de cette période et d’en discuter les implications démographiques. Une comparaison avec des ensembles pénécontemporains de la vallée du Nil, pour lesquels des données virtuelles sont disponibles, permettra d’évaluer la spécificité régionale de la Corne de l’Afrique et de discuter les scénarios d’isolement ou de remplacement à la lumière des modèles récents proposés pour la vallée du Nil.
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