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L’agouti (Dasyprocta spp.) occupe une place particulière aux Antilles. Identifié sur de nombreux sites archéologiques sous forme de restes brûlés et découpés, il témoigne d’une interaction étroite avec les populations humaines, potentiellement liée à la chasse (hunting garden), la captivité, l’apprivoisement, voire la domestication. Dans ce cas, l'usure des dents et la forme des crânes et mandibules des rongeurs, ainsi que la stature, sont modifiées, en relation avec la diète alimentaire (herbivores vs granivorie/frugivorie), d’autant plus en contexte de captivité insulaire ; le tout, visible sur les fossiles. Cependant, ses origines géographiques, sa diversité passée et ses routes de dispersion restent largement méconnues. Les populations présentes aujourd’hui dans la Caraïbe sont rattachées à trois espèces présentes sur le continent, mais elles ne reflètent pas la diversité précolombienne, des populations ayant été réintroduites par les Européens dès 1492 pour la chasse. Malgré une tentative d’exploitation des données paléogénétiques (CytB) et d’isotopes stables et une étude morphométrique, la compréhension des mobilités humaines et animales dans la région reste incomplète, notamment en raison des mauvais emplois des datations C14 mal ciblées et mal calibrées. En combinant archéozoologie, biométrie, paléogénétique, systématique, écologie, datations C14 directes des agoutis et modèles chronologiques bayésiens, le projet reconstitue à la fois la biogéographie historique de ce rongeur et la chronologie des occupations humaines.

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