Le Centre de recherche sur la Conservation (MNHN), le laboratoire Sciences et Ingénierie de la Matière Molle (ESPCI) et l’Equipe Chimie des Polymères (IPCM) proposent un contrat doctoral en partenariat avec l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre et les Archives nationales sur le thème de l’éco-conservation des biens culturels cellulosiques. La conservation des papiers patrimoniaux, en particulier des premiers papiers industriels faits de pâtes cellulosiques fortement lignifiées, représente un défi de taille en raison de leur fragilité mécanique causée par une acidification qui se développe rapidement pendant le vieillissement naturel. Les solutions actuelles permettent de ralentir l’acidification, tandis que l’ajout d’un consolidant, qui permet une manipulation sécuritaire tout en limitant des pertes de matière, est une pratique peu commune faute de solutions pérennes. La thèse vise à développer des procédés de traitement écoresponsables en utilisant une combinaison de polymères biosourcés capables de désacidifier le papier en plus de le renforcer mécaniquement. L'approche adoptée reposera sur l'utilisation combinée de nanocelluloses et de biopolymères aminés tels que le chitosane, l’amino-dextrane et l’ε-polylysine. Le/la candidat-e sélectionné-e mènera ses travaux au sein d’une équipe pluridisciplinaire et en interface avec les laboratoires partenaires et sera chargé d’élaborer des traitements à partir de papiers modèles qui seront artificiellement vieillis, afin de reproduire les états de conservation des papiers fragiles historiques. La mise au point des traitements, les essais de performance et leur innocuité vis-à-vis du papier seront évalués par des essais mécaniques papetiers, ainsi que des analyses physico-chimiques (pH, rhéologie, viscosimétrie, IRTF, MEB/EDS, colorimétrie) afin de garantir des solutions adaptées aux exigences de conservation-restauration et aux enjeux écologiques actuels.
Plus d’informations :
[Site web CNRS]