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Le verre à l’antiquité est produit dans des ateliers primaires localisés à l’est de la Méditerranée et transformé dans les ateliers secondaires disséminés dans le reste de l’Empire. Les verres antiques décolorés se divisent en quatre groupes : les verres décolorés naturellement, les verres décolorés par ajout d’antimoine, par ajout de manganèse, ou par un mélange d’antimoine et de manganèse [1]. Ces derniers sont considérés comme provenant du recyclage de verres. Toutefois, les observations faites sur les nombreux corpus découverts lors des fouilles préventives tendent à brouiller cette séparation stricte, et se pose la question du remaniement de la matière par les verriers eux-mêmes. Depuis 2021, nous avons développé au LSI une nouvelle méthode pour identifier à quelle catégorie appartient le verre incolore romain. Celle-ci est basée sur la détection par photoluminescence (PL) résolue en temps des ions Sb3+ (420 nm) et Mn2+ (520 nm) sous une excitation laser UV pulsée. Les objectifs de ce projet de thèse sont d’utiliser la photoluminescence résolue en temps pour aider à la compréhension de la production du verre incolore à l’antiquité et du recyclage de celui-ci en se concentrant en particulier sur le site de Reims. En effet, sur la période antique, Reims est la Capitale de la province de Gaule Belgique. Ce secteur fouillé depuis les années 1990 a livré une grande quantité d’objets en verre et a révélé récemment deux importants ateliers de verriers datés du IIIe s. ap. J.-C comprenant trois fours de fabrication et deux fours de production/recyclage de la matière. Il s’avère que les verres provenant des sites de consommation de la ville (maisons, entrepôts, tombes) sont principalement de verres incolores. La question d’une fabrication locale dans lesdits ateliers est alors posée.

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[Site web CNRS]