Depuis sa domestication dans les steppes pontiques il y a environ 4 200 ans, le cheval a profondément transformé les sociétés humaines. Sa vitesse, son endurance et sa force ont fourni aux humains de nouveaux modes de mobilité et de nouveaux moyens de faire la guerre. Il a fait l’objet d’échanges et a eu un impact considérable sur les systèmes de croyances. En Gaule protohistorique, cette place se manifeste dans les pratiques funéraires et sacrificielles. En Gaule romaine, les chevaux et, nouveauté, les hybrides prennent une place de premier plan dans le large système d’échange à longue distance qui se met en place. Les équidés sont donc des révélateurs des déplacements (structurels ou conjoncturels) des humains dans le cadre de leurs pratiques religieuses, pastorales et commerciales. La circulation (production locale vs. importation, échange, conflit, etc.) des animaux aux périodes anciennes était, jusqu’à très récemment, difficile à caractériser. L’utilisation de cartes de distribution isotopiques est récemment apparue comme un outil puissant pour aborder la question de la mobilité en archéologie. Le traitement statistique des données permet de déterminer les probabilités d’origine et la mobilité d’un individu. Mais si le croisement de différents traceurs (O, S, Sr) apparaît prometteur, certaines cartes ne sont pas encore suffisamment robustes. L'objectif de la thèse est de produire des données inédites concernant les équidés et leur place dans les sociétés protohistorique et romaine en Gaule (4e av. J.-C. - 4e ap. J.-C.) en mobilisant une approche isotopique novatrice. Plus spécifiquement, il s’agit de : 1) caractériser la mobilité et l’origine des équidés à partir de leur signature isotopique en oxygène et strontium, 2) évaluer l’utilisation du soufre comme marqueur isotopique pour affiner les reconstructions d’origine, 3) identifier les régions et réseaux d’importation des équidés (chevaux, ânes, hybrides) introduits à la période romaine, 4) analyser l’évolution de ces réseaux entre les périodes gauloise et romaine en parallèle de l’évolution des pratiques d’élevage, 5) déterminer la saisonnalité des sacrifices équins et leur lien avec un calendrier liturgique, 6) définir l’aire d’influence des sanctuaires à travers l’origine des chevaux sacrifiés. Les analyses isotopiques (C, N, O, S, Sr) s’effectueront sur les dents de chevaux issus d’un corpus archéozoologique de premier ordre établi parmi 10 sites phares des périodes gauloise et romaine (sanctuaires, tombes et habitats prestigieux).
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