Le développement récent de la paléogénétique a significativement contribué à une meilleure compréhension des origines et de l’histoire évolutive des populations humaines modernes, en particulier en Eurasie. Dans cette perspective, le territoire actuel de la France, notamment le Bassin parisien, présente un intérêt spécifique en tant que carrefour entre l’Europe Centrale et les régions atlantique et méditerranéenne. De plus, le Bassin parisien constitue une entité géographique cohérente, densément peuplée depuis des millénaires, qui a fait l’objet de recherches intensives et qui est devenue un centre politique important depuis deux mille ans. Mettant à profit le caractère interdisciplinaire de notre unité Éco-anthropologie (UMR 7206, Musée de l’Homme, Paris), ce projet a pour objectif de caractériser en détail l’histoire démographique humaine de ce territoire-clé durant ces deux derniers millénaires, de l’Âge du Fer à l’époque moderne, à travers un échantillonnage de cinq périodes archéologiques : l’Âge du Fer (800 AEC jusqu’au 1er siècle AEC), la période gallo-romaine (1er siècle AEC-5e siècle EC), la période mérovingienne (5e-8e siècles EC), la période carolingienne (8e-11e siècles EC) et le 17e siècle EC. Une comparaison avec des données d’ADN contemporaines est également envisagée en collaboration avec le projet POPGEN (Diversité Génomique de la population française, Université de Brest). Deux dimensions seront étudiées à travers l’analyse des données génomiques : d’une part l’histoire évolutive des populations qui se sont succédé dans le bassin parisien depuis l’Âge du Fer, et d’autre part les traits sociaux (marques de hiérarchie, importance des relations de parenté génétiques, traitements distinctifs des femmes et des hommes) qui peuvent être mis en évidence en intégrant les données génétiques et archéologiques des sites.

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