Ce projet questionne le rapport entretenu par les groupes humains du Paléolithique supérieur en Europe avec les autres animaux, à travers la place qu’ils leur accordent dans les productions artistiques. En mettant face à face leur principale proie (le renne), et leur concurrent vital (le lion des cavernes) pour la chasse, c’est l’imaginaire des chasseurs que vous questionnerez, et son évolution pendant 25 000 ans. Malgré leur statut, lions comme rennes apparaissent secondaires parmi les représentations. De plus, ils ne sont pas toujours clairement identifiés au sein de leur famille respective (félins et cervidés). Quelles clés de lecture permettent de les individualiser ? Y a-t-il des différences de traitement artistique entre le lion et le renne, en lien avec leurs positions dans la chaîne alimentaire vis-à-vis des hommes ? Quel rôle le lion des cavernes (dont les têtes sont parfois considérées comme « humanisées ») et le renne occupaient dans l’univers spirituel et social des sociétés paléolithiques, à travers le regard qu’elles ont porté sur eux ? Pour y répondre vous aurez à mobiliser des études sur deux corpus d'images préhistoriques, 217 lions (premier corpus déjà établi), et environ 300 rennes (corpus à circonscrire), à la fois sur des objets et des parois de grottes et d’abris. Ces corpus seront confrontés à des référentiels actualistes par une approche interdisciplinaire associant archéologie préhistorique et anatomie comparée. Ce projet s’appuie sur une large panoplie d’outils d’analyses, comme les relevés graphiques, la morphométrie géométrique, des traitements statistiques, mais aussi une maquette de félin à l’échelle 1 réalisée au sein de l’atelier de taxidermie du Museum national d’Histoire naturelle. Les objectifs, au-delà de l’identification des codes graphiques de chaque espèce, sont de caractériser des changements (par phase culturelle/période), le degré de connaissance et les choix de représentations, notamment pour la locomotion des félins, afin de restituer le rapport entretenu par les sociétés humaines avec ces deux espèces au coeur de leur système social, économique et spirituel.
Plus d’informations :
[Site web CNRS]
