Dans le contexte de la protection des œuvres du patrimoine de la dégradation, enjeu sociétal majeur face au changement climatique, les métaux patrimoniaux présentent la spécificité de comporter une Couche de Produits de Corrosion (CPC) de plusieurs dizaines de micromètres d’épaisseur qui contient les informations sur la surface d’origine de l’œuvre. Les traitements de protection contre la corrosion nécessitent de préserver également ces CPC, matériaux inorganiques et poreux. Dans ce contexte spécifique la preuve de concept de l’efficacité en protection des métaux cuivreux exposés à l’atmosphère par des revêtements sol-gels dopés en acide carboxylique a été montrée lors d’une première thèse conduite au sein d’une collaboration NIMBE LAPA/LEDNA. Afin d’optimiser la formulation de ce revêtement, il convient de développer une étude approfondie des mécanismes physico-chimiques de la protection. Dans ce nouveau projet de thèse une méthodologie de caractérisation multi-technique et multi-échelle sera mise en œuvre sur des échantillons de CPC anciennes ainsi que sur des échantillons modèles de CPC. Les paramètres de la formulation (précurseurs, solvants, pH,…) seront ajustés selon les résultats de l’étude multi-échelle et pour privilégier une application au pinceau ou au spray. En parallèle et afin de cadrer les paramètres de la synthèse, les mécanismes de la protection seront étudiés grâce à des mesures électrochimiques ainsi que lors d’expériences de remise en corrosion en milieux marqués (D2O/18O2, KBr en conditions immergées agressives) et en milieux naturels (expositions en extérieur). Le protocole analytique de l’ensemble des échantillons obtenus sera basé sur des analyses à l’échelle globale (viscosité, BET, porosimétrie mercure, ATG, DRX, mesures électrochimiques), à l’échelle micrométrique (MEB-EDS, spectroscopie Raman) ainsi qu’à l’échelle nanométrique (MET sur lames FIB) afin de comprendre les systèmes obtenus lors des traitements.
Plus d’informations :
[Site web ADUM]
